La Ferme usine aux 800 Veaux à Roquelaure, un projet aberrant qui n’a pas sa place dans le Gers comme ailleurs.

le 30 mai 2018

A la sortie de la deuxième guerre mondiale, il fallait produire beaucoup et rapidement, afin de nourrir convenablement une population française mal alimentée et croissante. L’agriculteur devait nourrir le monde à des prix accessibles, ce qui a amené les paysans à se lancer dans la course aux rendements. Ils étaient alors encouragés par une politique agricole naissante qui voulait soustraire les agriculteurs de la misère. C’était le début de l’industrialisation de l’agriculture qui, progressivement, déconnectera les paysans de leur environnement (avec l’artificialisation de la production) et de leur territoire (on produit pour des marchés de plus en plus lointains).

L’abondance alimentaire a été rapidement acquise, mais s’est accompagnée d’une perte des repères qui hiérarchisaient traditionnellement l’organisation de la production agricole. Pour l’agri-manager, la terre n’est plus un patrimoine à préserver, mais un capital à rentabiliser ; les animaux ne sont plus considérés comme des êtres vivants sensibles qui doivent disposer d’un espace de liberté, mais sont enfermés dans des espaces exigus limitant au maximum leurs mouvements afin d’optimiser la production ; le produit agricole, autrefois identifiable et élément de fierté pour le paysan, devient du « minerai », un mélange anonyme de sous-produits destinés à être commercialisés en Bourse et matière première des aliments élaborés que nous trouvons aujourd’hui dans nos assiettes. En découle une rupture du lien avec le consommateur (l’agri-manager produit pour les industries, pas nécessairement pour le consommateur, avec pour conséquence une préférence pour la qualité technologique au détriment du goût), la crispation du lien au territoire (l’agrandissement et la concentration des structures font que l’exploitant est de plus en plus isolé dans un espace rural profond qui se vide), une méprise envers la gestion de l’environnement et de la biodiversité, car la survie de l’humanité dépend de la qualité des ressources naturelles, dont l’agriculteur est gardien, mais qu’il néglige au quotidien au vu de ses pratiques.

 

Après la ferme des 1000 vaches dans la Somme, des 4000 bovins de Saône et Loire, voici la ferme des 800 veaux du Gers qui attend l’autorisation de la Préfète du Gers. Ce projet engendre un cortège de nombreux problèmes qui doivent être révélés, pollutions environnementales, nuisances sonores et risques sanitaires. Le volume des effluents représentera un risque majeur de pollution des eaux. De plus, l’impact climatique de l’activité n’est évalué. De trop nombreux camions circuleront sur des chemins et des routes non-adaptées, à proximité immédiate des habitations. La concentration de tant d’animaux favorise la propagation des maladies, et le recours massif aux traitements antibiotiques préventifs. Enfin, si la stratégie du tout export rémunère mal les paysans, elle ne tient pas compte également du bien-être animal.

Europe Écologie Les Verts porte une agriculture paysanne, respectueuse du vivant, plus rémunératrice pour les agricultrices et agriculteurs, et porteuse d’emplois et de vitalité pour les campagnes. Des projets de fermes industrielles de grandes envergures sont contraires à la diversité et à la pluralité des structures agricoles nécessaires à la richesse de nos territoires ruraux.

Europe Écologie Les Verts s’oppose à ce projet de ferme-usine démesurée, déconnectée du territoire où la compréhension de la terre, le lien au vivant, et l’histoire agricole est complètement évincée au profit de la seule performance économique.

Notre département s’est de longue date investit dans la promotion de la qualité de ses produits agricoles. De telles installations nuiraient gravement à l’image de marque du territoire, avec pour conséquence le discrédit des labels de qualité Gers.  Et ceci à un moment où les Conseillers départementaux ont décidé de « Réinventer le Gers », et que, tant au niveau national qu’à l’échelle locale, beaucoup reconnaissent qu’il est urgent d’agir et de changer nos modes de vie et de consommation.

 

Pour cela, Europe Ecologie Les Verts 32 s’associe à l’appel à mobilisation lancé par le collectif Bien Vivre Dans le Gers et Confédération paysanne. Nous appelons à rejoindre le rassemblement prévu le 1er juin 2018 à 12h30 devant la Préfecture d’Auch pour un grand pique-nique participatif afin de demander à Madame la Préfète de refuser l’autorisation d’exploiter.

 

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